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Le concept d’Airbnb repose sur de la location meublée de courte durée. Celle-ci concurrence ainsi le marché parisien de l’immobilier locatif meublé, pourtant déjà largement saturé. Ainsi l’arrivée d’Airbnb sur le marché parisien ne plait pas à tous et pousse les villes françaises et notamment les villes très touristiques telles que Paris à s’interroger sur le sujet : faut-il bannir Airbnb de Paris ? qu’elles sont les réelles conséquences de cet Uber de la location touristique ? Le cabinet Lonlay & Associés va tâcher de vous éclairer sur ce sujet, qui anime bon nombre de débats et de polémiques.  

L’arrivée d’Airbnb à Paris

Projet à l’origine initié dans sa ville natale de San Francisco en 2008, Airbnb rencontre un franc succès dans de nombreuses grandes villes et capitales du monde entier. Analysons plus en détail le cas parisien. En 2012 Airbnb ouvrait ses bureaux en France. L’année 2012 est d’ailleurs considérée comme étant une année de « rupture » pour l’immobilier parisien, par les notaires de Paris. C’est aussi l’année de la réforme de l’imposition des plus-values immobilières. En 2012 le prix de l’immobilier parisien est relativement bas (en comparaison des prix actuels). Un mètre carré coûte environ 8080€, ce qui semble être en baisse après la phase ascendante qui avait précédé la crise économique de 2008. Cela constituait donc un terreau favorable pour l’expansion de la plateforme américaine au sein de la capitale française.

Les conséquences d’Airbnb sur le marché parisien

L’explosion de l’utilisation de la plateforme dans la capitale parisienne a eu de nombreux effets secondaires intéressants à analyser afin de mieux les comprendre. Premièrement, elle a pu contribuer en partie à l’explosion des prix de l’immobilier parisien après les années 2012, 2013. En effet de nombreuses personnes ont pu acheter des biens pour les transformer en appartements de location touristique courte durée, ce qui non seulement prive les parisiens de ces biens mais surtout contribue à l’uniformisation des quartiers parisiens et à une mise en scène touristique poussée à l’extrême de certains quartiers tels que Montmartre. Ainsi il est possible de craindre que sans limitation de l’utilisation de cette plateforme, Airbnb va contribuer petit à petit, dans toutes les villes où il s’installe, à l’effacement de l’âme et des particularités des quartiers et des villes, dont les habitants auront été chassés.

Une autre conséquence, est la professionnalisation précipitée de certains parisiens forcés de partager une partie de leur logement, et de le louer afin de pouvoir payer des loyers parisiens toujours plus élevés. Cela crée une situation complexe, car toute potentielle réglementation sur la location touristique sera un danger pour cette source de revenu qu’ils perçoivent, mais c’est également à cause d’un manque de réglementation que ce problème existe. C’est en effet un enjeu que la mairie de Paris devra prendre en compte et étudier dans son bras de fer contre l’américain. Ces conséquences sont développées et étudiées au peigne fin dans l’ouvrage écrit par Ian Brossat Airbnb la ville ubérisée, paru en septembre 2018.

Le marché immobilier parisien aujourd’hui, post Airbnb

Aujourd’hui Paris est un des marchés les plus importants pour Airbnb, avec plus de 60 000 logements recensés, créant nécessairement de nombreux conflits avec les professionnels du tourisme mais aussi avec les parisiens qui peinent déjà à trouver des logements dans un contexte de marché saturé et très onéreux.

C’est dans ce contexte qu’en 2014 la Loi Alur a pu voir le jour. Elle stipule que seules les résidences principales peuvent être louées dans la limite de cent-vingt nuits par an. Toute autre pratique est aujourd’hui considérée illégale car elle priverait les parisiens de logements dont la quantité est déjà fortement restreinte. Cette loi vient s’inscrire dans un contexte de relations très tendues entre Airbnb et la capitale parisienne. Anne Hidalgo déclarait en 2016 ne pas vouloir que Paris devienne comme Venise.

Néanmoins il est important de préciser que cette explosion de Airbnb à Paris n’est pas sans aucun profit pour la ville. En 2017 l’américain a reversé 13,5 million d’euros à la ville de Paris grâce à la mise en place d’une taxe de séjour en 2015. Cette taxe vient contrebalancer un des points de tensions entre Paris et Airbnb, à savoir le fait que la plateforme ainsi que ses utilisateurs échappaient jusqu’alors aux impôts et taxes relatives à la fiscalité en vigueur dans le pays.

 

            Pour conclure, l’arrivée d’Airbnb comme celle de Uber dans une autre dimension, a profondément bousculé nos habitudes. Le concept de base est nécessairement très innovateur, et comporte de nombreux aspect positif, dont le principal est de pouvoir voyager et se loger à coûts réduits. Néanmoins, il est important de ne pas agir sans réfléchir aux conséquences que pourraient avoir nos habitudes de voyage. Face à ce nouveau géant de l’industrie touristique, l’enjeu sera en effet pour Paris de trouver un juste milieu entre affrontement ou laisser faire.

 

Ségolène Larziniere et Anne Duranton


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